Jour 1 – Boucle autour des lacs d’Embarrat et nuit au refuge Wallon

Départ matinal depuis le Pont d’Espagne, skis aux pieds, dans la superbe vallée du Marcadau encore calme sous la neige. Le groupe progresse tranquillement sur la large vallée avant de bifurquer vers les lacs de l’Embarrat, où le paysage devient plus minéral et sauvage.

   

Après cette première montée, l’itinéraire remonte le ruisseau du Pourtet jusqu’au lac du Pourtet, entouré de sommets enneigés. L’ambiance devient plus alpine à l’approche du col de Bassia, franchi dans un décor splendide.

   

De l’autre côté, la descente se fait vers le lac Nère, puis le long du ruisseau de Bassia, avec une neige agréable et un cadre forestier qui ramène doucement vers la vallée.

En fin de journée, arrivée au chaleureux refuge Wallon, où l’équipe peut enfin poser les sacs et partager un bon moment (un demi de bière quoi , 😉)))après cette belle première journée, longue de 15kms et 1100m de dénivelé.

Les pieds ont déjà commencé à chauffer pour Banou et Manue mais tout va bien ce premier soir, un bon repas à Wallon juste après une petite sieste dans la chambre, nickel !

Une nuit agitée par contre avec une alarme incendie à 23h où notre encadrant modèle Fred a fait le max pour ne pas sortir alors qu’Arnaud était en bas en 3 min, habillé et sac sur le dos près à passer la nuit dehors… Et puis surtout, ce qui nous restera en mémoire de cette nuit à Wallon…… c’est un réveil en sursaut à 5h mat’ par la montre de Banou….qui a réveillé tout le dortoir sauf…..Banou !!!!!!

     

 

Jour 2 – Passage en Espagne vers les lacs de Bachimaña

L’itinéraire remonte le ruisseau du Port de Marcadau jusqu’au col du Marcadau.

On s’offre un joli petit sommet : la Muga Nord (2676m), une bonne descente mais surtout plus loin

 

une super bonne descente dans de la neige parfaite dans un couloir vers la Cabaña del Pastor,

puis on continue vers les lacs glaciaires de Bachimaña que nous traversons à ski ! (ok un peu inquiets quand même mais ça tient…) 

La journée se termine au refugio de los Ibones de Bachimaña, niché au bord du lac.

Une journée courte : 9kms et seulement 880m de dénivelé mais cette arrivée tôt au refuge nous permet de réviser (ou apprendre parfois) les techniques de cordes, de cramponnages etc. et on pourra vérifier dès le lendemain que cette après midi technique aura été très très utile !!! Merci Fred super idée cet atelier pratique !!!

 

 

Jour 3 – Refugio de los Ibones de Bachimaña-Collado de Pondiellos-Refugio de los Ibones de Bachimañ

Le réveil sonne à 5h50 pour être les premiers au petit-déjeuner à 6h. De toute façon, le refuge est presque à nous, nous ne sommes que huit… autant en profiter.  

À l’aube, nous partons pour tenter d’atteindre un couloir des Picos del Infierno (3081 m).

La neige est dure. Dès les premiers mètres, les couteaux sont de sortie pour une longue traversée qui nous met immédiatement dans le ton de la journée. Les pentes se redressent progressivement.

                                          

Les gestes deviennent plus précis, plus techniques. C’est le moment de mettre en pratique les exercices de la veille. Nous façonnons une petite plateforme dans la pente pour passer en mode alpinisme : crampons aux pieds, piolet en main. Arnaud, notre petit isard, nous mitraille avec son téléphone. Les photos promettent déjà de beaux souvenirs… et quelques airs d’alpinistes aguerris. On est loin du simple ski touring !

    

Après avoir rechaussé les skis, nous atteignons le collado de Pondellios (2812m). Le décor est splendide. On en profite pour faire et une pause et admirer le couloir : Fred évalue la difficulté et la fatigue commence à se faire sentir après cette ascension déjà bien technique. Finalement, nous décidons de ne pas le tenter. Nous reprenons des forces en déjeunant et en admirant le somptueux décor.

 

La descente peut alors commencer. Entre passages skiés et transitions, les peaux font plusieurs allers-retours entre les skis et le sac.

 

Fred, lui, semble avoir découvert un nouveau sport : la descente avec peaux. Tellement à l’aise qu’il n’a plus envie de les enlever… pendant que nous rêvons plutôt de belles courbes légères, comme skiées précédemment. Seb finit par trancher : putsch validé à l’unanimité, on enlève les peaux ! Les virages s’enchaînent et nous ramènent finalement au refuge de los Ibones de Bachimaña. Et là, surprise. Une équipe de la télévision aragonaise tourne un documentaire sur le refuge. Fred se retrouve rapidement au cœur de l’action et accepte de répondre à quelques questions, face caméra, entouré de toute l’équipe. La journée se termine : douche chaude, bière bien méritée, puis notre traditionnel tour de table pour partager les moments forts et les petits passages plus difficiles. Les ampoules, elles, commencent sérieusement à se rappeler à nous. La dernière soirée se prolonge autour d’un dernier verre avec le gardien du refuge et les journalistes. La montagne s’endort. Nous aussi après 13kms et 980 m de dénivelé.

 

Jour 4 – Refugio de los Ibones de Bachimaña/Embalse de Bachimaña Alto/Entre Ibon de Xuans et Peña Xuans/Los Ibonos de los Batanes (Ibon Alto de Batanes)/Vallée du Rio Ara/Col des Oulettes/Refuge des Oulettes de Gaube/Lac de Gaube/Pont d’Espagne

Dernier matin du raid. Le refuge s’éveille doucement lorsque nous bouclons les sacs et chaussons les skis. À 7h15, nous quittons les lieux pour entamer une longue journée de retour (24 kms et 1200m de dénivelé).

Nous retraversons l’Embalse de Bachimaña Alto dans la douce lumière matinale. Le silence est presque total, seulement troublé par le glissement régulier des peaux sur la neige.                              

 Peu à peu, le décor s’élargit et nous progressons entourés des superbes reliefs de l’Ibon de Xuans et de la Peña Xuans.

 Devant nous, la vallée du Rio Ara s’ouvre, immense et sauvage.

 Les descentes s’enchaînent dans une neige encore excellente mais les cuisses et les ampoules commencent à rappeler que quatre jours de raid laissent des traces.

                              

Au refuge des Oulettes, face au Vignemale majestueusement éclairé par le soleil, nous faisons une halte pour déjeuner. Assis face à lui, nous profitons de cet instant simple, suspendu.

        

 

La descente reprend ensuite vers le lac de Gaube. La glace n’étant pas assez épaisse pour le traverser, nous le contournons tranquillement. Après ces derniers jours passés à franchir des lacs d’altitude, le détour a presque un goût de nostalgie. 

 

Plus bas, quelques hardes d’isards broutent paisiblement sur les pentes, nous atteignons, alors, la piste qui nous ramènera vers le Pont d’Espagne, là où tout a commencé quatre jours plus tôt. Nous terminons ce raid heureux et reconnaissants d’avoir partagé, tous les cinq, cette aventure hors du temps : une météo idéale, une neige exceptionnelle et des paysages inoubliables. Les images resteront gravées.

Merci Fred !